Morbidité maternelle sévère

Coordinatrice

Catherine Deneux-Tharaux

Cadre général

Si la grossesse et l’accouchement constituent des évènements physiologiques de la vie de la femme, ils se compliquent parfois d’évènements morbides graves, pouvant mettre en jeu le pronostic vital de la femme et potentiellement responsables de séquelles.
L’intérêt pour l’étude des évènements maternels graves est relativement récent, l’essentiel des travaux d’épidémiologie périnatale et des politiques de soins s’étant longtemps centré sur la santé de l’enfant.
Pourtant, l’évolution actuelle du profil des femmes enceintes –plus âgées, de corpulence croissante, plus fréquemment porteuses de pathologies chroniques– ainsi que les controverses sur certaines pratiques obstétricales –par exemple l’accouchement par césarienne– rendent primordiale une meilleure connaissance des facteurs modulant le risque de morbidité maternelle sévère.

Objectif principal

Notre objectif est de développer les connaissances sur les déterminants de la santé maternelle dans ses formes les plus pathologiques: mortalité et morbidité maternelle sévère, avec un intérêt particulier pour les déterminants liés aux pratiques obstétricales et à l’organisation des soins, pour proposer de nouvelles pratiques ou une amélioration de la prise en charge existante.
Notre approche combine des objectifs descriptifs, étiologiques, et d’évaluation d’interventions.

Grands thèmes

Les complications maternelles sévères sont étudiées de façon globale ou par cause spécifique (notamment les hémorragies obstétricales).

Nos travaux de recherche sont organisés autour de 3 thèmes :

  1. Améliorer la mesure des complications maternelles graves : étudier la validité des bases de données permanentes (causes de décès, PMSI, etc.) pour identifier les femmes présentant de telles complications; proposer de nouvelles définitions et méthodes de mesure. Cela concerne notamment les morts maternelles, et les hémorragies graves.
  2. Identifier les déterminants de ces complications : sont ciblés des caractéristiques individuelles des femmes (par exemple le statut migratoire, l’obésité), des aspects de prise en charge de leur grossesse ou de leur accouchement (notamment la voie d’accouchement, et le type de maternité), et les interactions entre ces catégories.
  3. Evaluer la prise en charge préventive et curative des femmes présentant ces complications graves : soit par des études observationnelles, soit  par des essais randomisés. Cela concerne notamment les hémorragies graves, et les soins de réanimation.

Principales sources de données

  • Enquête Nationale Confidentielle sur la Mortalité Maternelle (ENCMM) : Etude nationale permanente depuis 1996 incluant toutes les morts maternelles en France, sous la tutelle de l’InVS, et coordonnée par notre équipe ; 1100 cas inclus depuis 1996.
  • Etude EPIMOMS : Etude pluri-régionale française conduite en 2013 ayant inclus 2700 femmes présentant une complication maternelle grave et un échantillon représentatif de 3600 femmes sans complication grave, coordonnée par notre équipe.
  • Essais randomisés : sur le thème de l’hémorragie du postpartum, essais avec randomisation individuelle ou en cluster, coordonnés par notre équipe ou en collaboration. Outre l’objectif spécifique de chaque essai, ils permettent une exploitation secondaire des données pour des études à visée étiologique.
  • Bases de données médico-administratives : Causes de décès, Base de données hospitalières du PMSI.

Principales publications depuis 2010

Les personnes qui participent à ce thème

Catherine Deneux-Tharaux (Epidémiologiste, Inserm), Marie-Hélène Bouvier-Colle (Epidémiologiste, Inserm), Marie-Pierre Bonnet (Anesthésiste Réanimatrice, Epidémiologiste, Université Paris Descartes), Anne Chantry (Sage-femme, Epidémiologiste, Université Paris Descartes), François Goffinet (Obstétricien-Epidémiologiste, Université Paris Descartes), Gilles Kayem (Obstétricien, université Pierre-et-Marie-Curie), Camille Leray (Obstétricienne-Epidémiologiste, Université Paris Descartes), Jeanne Fresson (Epidémiologiste, Nancy), Monica Saucedo (Chef de projet, Inserm), Coralie Chiesa-Dubruille (Chef de projet), Françoise Maillard (Statisticienne, Inserm), Aurélien Seco (Statisticien), Ana Paula Pereira ( Post-doctorante).

Principales collaborations

Nationales

  • Réseaux de  périnatalité français
  • Unité de Recherche Clinique Paris Centre
  • Pôle IMER des Hospices Civils de Lyon, EA 4129 Université Lyon1
  • Institut de Veille Sanitaire et  CépiDC (sur les questions de mesure et d’indicateurs dans les bases de données médico-administratives)

Internationales

  • Réseau INOSS (International Network of Obstetric Survey Systems): réseau essentiellement européen d’équipes conduisant des études en population sur les complications rares et graves de la grossesse et de l’accouchement ;
  • Equipe d’épidémiologie périnatale du Département d’épidémiologie de Mac Gill, Montréal
  • Equipe d’épidémiologie de la reproduction et de la santé des adolescents de l’Ecole Nationale de Santé Publique, Fio Cruz, Rio, Brésil.