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Environ 40% des très grands prématurés en Europe, et presque 50% en France, ne bénéficient pas d’un ensemble de quatre interventions efficaces qui leur sont spécialement destinés

6 juillet 2016

Le fait de naitre dans une maternité ayant un service de néonatalogie adapté au niveau de risque, avoir des corticostéroides avant la naissance, bénéficier d’une prévention de l’hypothermie, et avoir du surfactant dans les deux premières heures de vie, ou une CPAP précoce si la naissance a eu lieu avant 28 semaines, pourrait au total entrainer une diminution de la mortalité de 18 % en cours d’hospitalisation, sans augmenter la morbidité sévère.

Résumé

Objectif : les grands prématurés constituent moins de 2% des naissances, mais contribuent à plus de la moitié des décès dans la première année. Des essais contrôlés randomisés ont montré que des interventions fondées sur les preuves scientifiques étaient efficaces pour améliorer la santé de ces enfants ; en revanche on ne connaît mal l’utilisation de ces interventions et leur impact sur la santé dans la population générale. Nous avons étudié l’utilisation de quatre interventions pour lesquelles le niveau de preuve de l’efficacité était élevé pour savoir si elles constituaient un levier pour réduire la mortalité et la morbidité des grands prématurés.

Méthode Une étude d’observation prospective (Epice Study) a été réalisée chez des enfants nés avant 32 semaines d’aménorrhée dans 19 régions de 11 pays européens, couvrant environ 850.000 naissances annuelles. Tous les enfants nés entre 24 et 31 semaines et admis en service de néonatalogie ont été inclus (N=7.336).

Quatre interventions ont été étudiées : accouchement dans une maternité ayant un service de néonatalogie adapté au niveau de risque, administration anténatale de corticostéroides, prévention de l’hypothermie, et surfactant dans les deux premières heures ou CPAP précoce si naissance avant 28 semaines. Deux indicateurs de santé ont été utilisés : la mortalité hospitalière et la morbidité sévère à la sortie. Les analyses ont permis de modéliser des risques ratios (RR), en utilisant un score de propension pour prendre en compte des biais de confusion potentiels.

Résultats 58% des enfants ont eu les quatre interventions. Les enfants ayant un âge gestationnel faible, un retard de croissance, un score d’Apgar bas et nés dans les 24 heures suivant l’admission de leur mère avaient moins souvent reçu ces quatre interventions. Après ajustement, l’utilisation de ces quatre interventions était associée à un risque moins élevé de mortalité en cours d’hospitalisation et de morbidité sévère ; ceci correspondrait à une diminution de 18% des décès, sans augmentation de la morbidité sévère, si tous les enfants avaient eu ces quatre interventions.

Conclusion Une utilisation plus complète de pratiques fondées sur les preuves scientifiques en médecine périnatale pourrait entrainer une amélioration significative de la survie, sans morbidité sévère.

Pour lire l’étude

Zeitlin J, Manktelow BN, Piedvache A, Cuttini M, Boyle E, Van Heijst A, Gadzinowski J, Van Reempts P , Huusom L, Weber T, Schmidt S, Barros H, Toome L, Norman M, Blondel B, Bonet M, Draper ES, Maier RF and the EPICE Research Group. Use of evidence-based practices to improve survival without severe morbidity for very preterm infants: results from the EPICE population-based cohort. BMJ 2016 (in press)

 


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